Petite précision sur les distances

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Réponse de Roberto sur le sujet Petite précision sur les distances

Sea Bird écrit: En ce qui concerne les catégories de distances au galop, j'en ajoute une celle de 2400m et au delà...

Tout à fait, cher Sea Bird. Je parlais des trois principales distances et j'ai à dessein laissé de côté les stayers ainsi que les sprinters.
Pour la longue distance, et je sais que vous le regrettez, il y a malheureusement eu là aussi une spécialisation. Fut un temps, le Grand prix de Paris sur 3000 m ou le St-Leger de Doncaster étaient un des chemins vers l'Arc. Cette époque est quasiment révolue...


CommanderTilly écrit: Pour conclure, on va dire que c'est "très très dur" au trot et...quasi impossible au galop...

Vous avez tout résumé en quelques mots :chapeau:

D'ailleurs, vous parlez du Jockey club, et de son " raccourcissement".....quelle en est la raison au fait? officielle et officieuse?

Oulah, nous nous engageons dans une discussion très très longue, il y a eu des tonnes de débat là-dessus, notamment sur l'ancien forum.

D'abord, je vais vous surprendre : au départ, j'étais moi-même relativement favorable à cette réforme, en tout cas assez ouvert sur la question. L'idée était d'apporter de la progressivité et de ne pas faire passer trop brusquement les chevaux du mile (Poules d'essai début début mai) à la distance classique (Jockey-Club début juin).

L'idée était aussi de reconstituer la Triple couronne, tombée depuis longtemps en désuétude. Cette Triple couronne, ce sont les trois manches de la génération classique. Autant elle est toujours d'actualité aux Etats-Unis car les distances sont resserrées (Kentucky Derby sur 2000 m - Preakness stakes sur 1900 et Belmont stakes sur 2400), autant c'était devenu une vue de l'esprit en Europe.
La première manche (les Guinées) se court sur le mile, la deuxième (les derbies) sur 2400 et la troisième (St-Leger de Doncaster en Angleterre, Grand prix de Paris en France) sur environ 3000 m. Vu la spécialisation des chevaux sur les distances, c'était devenu impossible à gagner. En Angleterre, le dernier à l'avoir remportée est le grand Nijinsky en 1970. En France, il fallait carrément remonter au 19e siècle ! Du coup, le Grand prix de Paris était devenu une sorte d'ovni inutile, ramené sur 2000 m dans les années 80, dont on ne savait pas trop quoi faire...
L'idée était donc de remettre tout cela à plat et de récreer une Triple couronne abordable :
- Poule d'essai sur 1600 en mai
- Jockey-Club sur 2100 en juin
- Grand prix de Paris sur 2400 en juillet

En théorie, ce n'était pas bête. Sauf que ça n'a jamais pris...
Le discours, confus, était que le Jockey-Club restait le derby français alors que dans les faits, c'était le Grand prix de Paris qui le devenait. Mais sa place dans le calendrier est la pire possible, concurrencé par l'Irish Derby (début juillet) et les King George (deuxième partie de juillet). De plus, à cette époque de l'année, la piste de Longchamp est dure comme du macadam et plusieurs chevaux s'y sont blessés (Montmartre en 2008 par exemple). L'allocation n'a jamais suivi non plus (600 000 euros contre une augmentation à 1 500 000 euros pour le Jockey-Club afin de faire passer la pilule du raccourcissement, alors qu'il aurait fallu faire exactement l'inverse).
Bref, le Grand prix de Paris est devenu le rendez-vous des seconds couteaux tandis que le Jockey-Club est devenu le rendez-vous des milers rallongés. Et nous n'avons plus de derby...

Pour résumer le fiasco de cette réforme, je cite un de mes messages dans un autre fil :
Quinze ans que France Galop a décidé l'impensable en bouleversant le programme classique français, détraquant le Jockey-Club et le Grand prix de Paris. Plutôt que faire de grands discours sur cette ineptie, regardons tout simplement les faits bruts.

Voici les vainqueurs d'une de ces deux courses ayant ensuite remporté l'Arc. Par souci d'équité, prenons une période égale de quinze ans.

Avant la réforme : 1990-2004
- Jockey-Club sur 2 400 m : Suave Dancer (1991) - Peintre célèbre (1997) - Montjeu (1999) - Dalakhani (2003)
- Grand prix de Paris sur 2 000 m : Saumarez (1990) - Peintre Célèbre (1997) - Bago (2004) *
* On pourrait y ajouter Subotica qui remporte le classique en 1991 et Arc en 1992.

Après la réforme : 2005-2019
- Jockey-Club sur 2 100 m : ...
- Grand Paris de Paris sur 2 400 m : Rail Link (2006)

Le résultat est sans appel. Ensemble, le Jockey-Club ancienne formule mais aussi le Grand prix de Paris sur 2 000 m menaient une fois sur deux à l'Arc. Depuis la catastrophique réforme, c'est le désert. A part Rail Link, les poulains français de 3 ans sont inexistants.
Il est temps que les bras-cassés de France Galop ravalent leur fierté mal placée et reconnaissent le fiasco. Ca commence franchement à bien faire...


pour ma part, j'aimerai beaucoup que vous me donniez votre opinion, sur un galopeur de légende, que j'aie eue la chance de voir courir, a savoir Tiznow.....étant profane, et bien jeune qui plus est a l'époque, mon impression fut tout de même "énormissime" quand j'aie "vue passer" cet extraordinaire "rouleau compresseur" et j'avoue que je ne sais comment le situer a coté des autres champions de sa génération...

Aïe, je ne l'ai jamais vu courir. A son époque, j'étais parti courir le monde et j'avais un peu pris mes distances avec le turf. Bien sûr, vous me direz que j'aurais pu me renseigner par la suite comme je l'ai fait pour les courses européennes, mais je ne suis pas trop fan courses américaines qui sont presque un sport dans le sport (autre type de piste, lasix etc.)


montcourt écrit: pour infirmer le terme d'impossible...rappelons que Luth Enchantée pure miler de 3 ans gagnante du Jacques le marois et moulin de Longchamp au même age finit en boulet de canon 3ème de l'Arc d'All Along pour sa ^première apparition au delà de 1800 m (une seule fois d'ailleurs et 6éme d'un maiden en début d'année).

On trouvera toujours un contre-exemple tous les 10 ans. C'est pour ça que j'ai écrit "quasiment impossible" :angry:

De plus dire qu'avant la transformation de Vincennes et le rabotage de sa montée il était rare de voir des américains ou des milers venir défier nos vieux champions de tenue .. me semble une ineptie. Ils furent nombreux à tenter ce challenge et c'est faire peu de cas des Delmonica Hanover, Classical Way et surtout d'un Timothy T vainqueur de l'Hambletonian, du Grand Circuit Européen, 4éme du PA et vainqueur du Prix de Paris

Quelques exemples sur une longue période. C'est pour ça que j'ai écrit "très rare" :angry:

Bref, vous chipotez et ne voulez pas comprendre le message général...
Merci pour ce message de la part de : isa_, commandertilly
Dernière édition: 30 Aoû 2020 22:41 par Roberto.
30 Aoû 2020 19:46 #11

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Réponse de moncourt sur le sujet Petite précision sur les distances

Roberto écrit: [quote="Sea Bird" post=74532

Bref, vous chipotez et ne voulez pas comprendre le message général...


non je ne chipote pas (j'adore cela quand méme) mais j'explique
rien que dans le PA depuis 1970 (ils sont encore plus nombreux entre 50 et 70) pour des nés américains allemands ou Italiens scandinaves
Murray Mir
Brokers Choice
Nu Hill
Eileen eden 5éme
Snow Speed
Barbablu
Agaunar
Keystone spartan
Dart Hanover 1er
Delmonica Hanover 1ére
Lyon
Elesnar
Timothy T 4éme
Désert Air
Elsie
Flush
Wayde eden
Tarok 4éme
Speed Expert 5éme
Classical Way 3éme
Micron hanover 3éme
Grades singing 2éme
Mack the knife 3éme
Napoletano 5éme
Piper cub 4éme
Indus 5éme
Club spécial
Crown's pride
Delfo
Gator bowl
Diamond exchange
Brandy hanover
Embassy lobell
Yellowa
Fiaccola effe
et d'autres je me suis arrêté à 1991
31 Aoû 2020 13:21 #12

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Réponse de Roberto sur le sujet Petite précision sur les distances

Ok, je vois votre point, c'est vrai que le qualificatif "très rare" était exagéré. Mais au final, ça ne fait qu'un ou deux par an en moyenne, ce qui est quand même très peu.
Bref, coupons la poire en deux dans ce hors-sujet par moi lancé et revenons-en aux distances galopées...
31 Aoû 2020 15:34 #13

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Réponse de Roberto sur le sujet Petite précision sur les distances

Roberto écrit: Les trois principales distances du turf sont 1 600 m , 2 000 m et 2 400 m, qu'on peut regrouper en deux grands blocs :
1 600 - 2 000
2 000 - 2 400.
Un cheval de vitesse pourra parfois alterner entre 1 600 et 2 000 (Giant's Causeway, Frankel, Dubaï Millenium etc.), un cheval plutôt d'endurance entre 2 000 et 2 400 (Montjeu, Sinndar, etc.)
Mais il est très rare, pour ne pas dire quasiment impossible, qu'un cheval gagne de grandes courses tant sur 1 600 que sur 2 400 !


J'aimerais rebondir sur cette histoire de "blocs" car c'est vraiment un critère fondamental pour comprendre le galop.

Remarque préliminaire : par facilité, j'ai écrit 1600-2000 mais, en réalité, on pourrait aussi bien placer la limite à 2 100 m. Le Jockey-Club et le Diane se courent sur cette distance, le Juddmonte International de York sur 2 063 m. Bref, cette distance intermédiaire n'est pas absolument exacte, elle tourne entre 2 000 et 2 100 m. Dans ce qui suit, par commodité, je vais écrire "2 000" mais gardons en tête que ça peut également signifier "2 100".

Sauf rare exception, une fois passés les classiques de printemps qui font justement office de juges de paix de la sélection, un galopeur ne sortira jamais de son bloc.

1 600 - 2 000 Le royaume de la vitesse

Certains milers sont tellement spécialisés sur leur distance que 2 000 m représente le bout du monde pour eux. C'était le cas de la grande Miesque ou, plus près de nous, de Goldikova. Les belles ont quand même réussi à empocher l'Ispahan sur 1 850 m, mais elles ont dû attendre respectivement leur année de 4 ans et 5 ans.

D'autres peuvent se rallonger avec l'âge, comme Frankel, qui a passé toute son année de 3 ans sur le mile et dont l'entraîneur répétait qu'il manquait de tenue. Celle-ci peut venir, quoique imparfaitement, avec le temps. De fait, ce n'est qu'à 4 ans que le crack miler a commencé à tenter sa chance sur plus long : International de York et Champion stakes, sa dernière course, où il a d'ailleurs eu un peu plus de mal.

D'autres, enfin, sont plus aptes à tutoyer rapidement les 2 000 m. C'était le cas de Dubai Millennium. Après un échec dans le Derby d'Epsom, beaucoup trop long pour lui malgré son statut de favori, il est revenu sur plus court. Là, il a très vite alterné le mile (Jacques-le-Marois, QE II) et la distance intermédiaire (Eugène Adam). Idem pour Giant's Causeway, qui a enfilé cinq groupes I d'affilée (deux sur le mile et trois sur la distance intermédiaire). En France, des milers rallongés ont réussi à faire un coup dans le Diane ou le Jockey-Club nouvelle formule avant de retourner illico sur les 1 600 m qu'ils affectionnent tant (Divine Proportions, Shamardal).

Dans tous les cas, ces chevaux restent dans le bloc 1 600-2 000 et ne s'aventurent quasiment jamais au-delà.

2 000 - 2 400 Tenue (de soirée) exigée

Quoique de plus en plus mise à mal, la distance classique, reine du turf européen, reste 2 400 m. C'est le chiffre magique, le nombre d'or hippique, mis en place dès 1779-1780 avec la création des Oaks et du célébrissime Derby d'Epsom, suivis quelques décennies plus tard par le Jockey-Club et l'Irish Derby. Ces courses classiques ont un tel poids qu'elles ont même donné leur nom à la distance ! Sont venues ensuite s'ajouter les plus prestigieuses épreuves intergénérationnelles du Vieux continent : Grand prix de Saint-Cloud, King George et bien sûr, la plus grande de toutes, l'Arc.

Après la première manche classique (Guinées/Poules d'essai) en mai sur 1 600 m, le rêve de tout entraîneur, de tout propriétaire, est de monter de catégorie et de participer aux derbies de juin sur la distance reine. Mais seuls les plus grands sont capables de réaliser ce doublé, les autres se contentant de rester sur le mile. Exit les Frankel & Co, fantastiques champions dans leur catégorie mais ne pouvant décemment être considérés comme les meilleurs chevaux de l'Histoire pour la simple et bonne raison qu'ils n'ont jamais participé aux plus grandes courses, celles sur 2 400 m.
Place aux grands cracks : Sea the Stars, Nijinsky ou Zarkava (en France, le prix de Diane a cette particularité qu'il s'est toujours couru sur 2 100 m et il faudra attendre septembre pour que la belle de l'Aga Khan court et gagne sur la distance classique).

D'autres, dont la tenue est affirmée d'emblée, ne passent même pas par la case guinées et se jettent sur les préparatoires printanières (2 000 m ou plus) aux derbies. Chez nous, avant que France Galop ne détraque le programme classique en 2005, on les appelait "poules de produits" : prix Noailles, Greffulhe, le regretté prix Lupin... Les plus grands sont passés par là : Sea Bird, Montjeu, Peintre Célèbre, Suave Dancer, Hélissio (qui s'est raté dans le Jockey-Club) etc. De l'autre côté de la Manche, les "derby trial" conservent toute leur importance et sont le chemin obligé pour qui veut connaître la gloire en juin : Shergar, Sinndar, Galileo, Enable et bien d'autres. Le grand Lammtarra, gagnant directement le Derby pour sa rentrée, est une exception.

Qu'il choisisse cette voie ou qu'il passe par les guinées, un gagnant de derby ne retournera plus jamais sur le mile par la suite. Il continuera sa carrière sur la distance reine, courant exclusivement sur 2 400 m (Sinndar, Lammtarra) ou revenant parfois à la distance intermédiaire dont le programme est très fourni (Montjeu, Peintre Célèbre, Sea the Stars, Galileo).

Là encore, une chose est sûre : ils ne sortiront pas du bloc 2 000- 2 400.

***

On le voit, assister à un duel entre un crack de la distance classique et un champion miler est chose quasiment impossible. La question s'est posée au début du millénaire, à l'été 2000, quand le monde hippique a salivé devant la perspective d'un affrontement titanesque entre les deux meilleurs chevaux du monde (même si Sinndar aurait trouvé à y redire) : le Coolmore Montjeu et le Godolphin Dubai Millennium.

Par chance, au contraire d'une Goldikova ou d'un Lammtarra, ces deux-là pouvaient alterner les distances au sein de leur bloc et il se murmurait qu'ils s'affronteraient donc logiquement sur 2 000 m, distance minimum pour Montjeu, maximum pour Dubai Millennium.
Pour la petite histoire, voulant un peu forcer la main de ses rivaux irlandais, cheikh Mohammed se disait carrément prêt à financer une course à deux sur la distance intermédiaire. Mais son champion se blessa à l'entraînement, mettant fin à ce rêve...
Merci pour ce message de la part de : isa_, ivct, commandertilly
Dernière édition: 03 Sep 2020 01:47 par Roberto.
03 Sep 2020 01:28 #14

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Réponse de isa_ sur le sujet Petite précision sur les distances

Merci pour toutes ces explications. C'est très intéressant pour quelqu'un comme moi qui a été bercée essentiellement aux trotteurs. Bien que fréquentant des gens dans le Galop, je ne m'étais jamais posé ce genre de questions (et ne leur ai pas demandé non plus lol). 👍
Merci pour ce message de la part de : ivct, Roberto
03 Sep 2020 10:27 #15

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Réponse de Sea Bird sur le sujet Petite précision sur les distances

ROBERTO : En France, des milers rallongés ont réussi à faire un coup dans le Diane ou le Jockey-Club nouvelle formule avant de retourner illico sur les 1 600 m qu'ils affectionnent tant (Divine Proportions, Shamardal).... Hélissio (qui s'est raté dans le Jockey-Club) ...

Si DIVINE PROPORTION a couru le Jacques Le Marois en 2005, contre l'avis de Pascal Bary, c'est tout simplement parce que la famille Niarchos qui est le mécène de l'épreuve a comme habitude, voire comme obligation, d'y présenter toujours un partant et si possible un gagnant. L'ambition de son entraîneur était le Vermeille et l'Arc de Triomphe où il avait échoué de peu trois ans auparavant avec SULAMANI.
Hélas pour lui, BAGO ayant fait briller les couleurs de ses propriétaires dans l'Arc entre temps, DIVINE PROPORTION a été présentée invaincue au départ, s'est accidentée et n'a plus jamais été revue en course...Et Pascal Bary a vu envolé sa chance de gagner l'Arc de Triomphe.
Quant à HELISSIO c'est surtout Dominique Bœuf qui s'est raté ce jour là.
Merci pour ce message de la part de : ivct, Roberto
03 Sep 2020 10:45 #16

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Réponse de commandertilly sur le sujet Petite précision sur les distances

Merci pour toutes ces précisions Roberto.....en effet, les explications du Jockey Club....quel imbroglio !!! :lol:

Pour ma part, relativement profane, Outre Tiznow, j'aie pue voir a 2 reprises Frankel Courir, sans aucun jugement de ma part, étant loin d etre une experte, le qualificatif fut néanmoins : " hallucinant"
Enfin, vous qui connaissez bien cette discipline, lorsque j'en parle à des " experts", le nom qui revient sans arrêt, et dont ces gens parlent avec des trèmolos dans la voix est celui de Miesque....merci de nous raconter, si vous le voulez bien, son histoire...

:voila:
Merci pour ce message de la part de : isa_, ivct, Roberto
03 Sep 2020 13:58 #17

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Réponse de Roberto sur le sujet Petite précision sur les distances

isa_ écrit: C'est très intéressant pour quelqu'un comme moi qui a été bercée essentiellement aux trotteurs.

Oui, le trot est beaucoup plus ouvert. On voit régulièrement des gagnants du prix d'Amérique aller deux mois plus tard sur le mile de Cagnes-sur-mer, chose impensable au galop.


Sea Bird écrit: Si DIVINE PROPORTION a couru le Jacques Le Marois en 2005, contre l'avis de Pascal Bary, c'est tout simplement parce que la famille Niarchos qui est le mécène de l'épreuve a comme habitude, voire comme obligation, d'y présenter toujours un partant et si possible un gagnant. L'ambition de son entraîneur était le Vermeille et l'Arc de Triomphe

Moui, c'est ce qui avait été dit, cher oiseau de mer, mais j'en doute un peu...
Les origines de la divine (Kingmambo) pointaient principalement vers la vitesse, même si son père a aussi pu donner parfois quelques excellents chevaux de tenue. Son parcours à 2 ans également ; quand un vainqueur du Robert Papin (1 100 m) et du Morny (1 200 m) confirme à 3 ans, c'est très souvent sur le mile, non sur la distance classique.

Quant à HELISSIO c'est surtout Dominique Bœuf qui s'est raté ce jour là.

Certains disent plutôt que c'est Elie Lellouche qui a imposé cette tactique contre l'avis du jockey, fâché d'avoir eu à tirer sur les rênes durant tout le parcours pour respecter les consignes de l'entraîneur...


commandertilly écrit: En effet, les explications du Jockey Club....quel imbroglio !!! :lol:

Imbroglio, mais pas que !
Non seulement les petits génies de France Galop ont flingué le programme classique français, mais ils ont aussi fait énormément de mal à la distance classique en Europe.

Avant la calamiteuse réforme, l'année des 3 ans était du papier à musique...
Après les préparatoires d'avril-mai, les champions en herbe participaient aux derbies français (Jockey-Club) et anglais (Epsom) début juin. Régulièrement, les vainqueurs d'Epsom et de Chantilly se rencontraient un mois plus tard pour une superbe "finale" dans le prestigieux Irish Derby. Certaines magnifiques joutes sont restées dans toutes les mémoires (Suave Dancer vs Generous etc.)
Les poulains français avaient également la possibilité de courir le Grand prix de Saint-Cloud contre leurs aînés, le même week-end que la course irlandaise. C'est par exemple la voie qu'avait choisie Hélissio.
Fin juillet, les audacieux pouvaient tenter les King George même si cette course intergénérationnelle très dure était considérée comme le "tombeau de l'Arc". Petite pause jusqu'aux préparatoires à l'Arc en septembre et l'Arc lui-même.

Certes, le programme n'était pas idéal. Le Grand prix de Saint-Cloud était mal placé dans le calendrier, venait trop tôt et n'attirait plus de 3 ans sur ses dernières années. Il n'y avait également pas assez de courses intergénérationnelles etc. M'enfin, ça marchait plus ou moins...

Depuis 2005, c'est encore pire ! Il n'y a plus de derby en France, donc plus de "finale" dans le Derby irlandais qui a lui aussi énormément pâti de la réforme française. Désormais, le rendez-vous irlandais est simplement devenu la consolante d'Epsom.
Le Grand prix de Saint-Cloud, au lieu d'être changé de date, a été fermé aux 3 ans et est devenu la routine des vieux tontons. Tout ça pour favoriser la participation des 3 ans au Grand prix de Paris, dont la mayonnaise indigeste n'a jamais pris comme expliqué plus haut dans le fil.
Il y a une accumulation de courses sur 2 400 m en juillet mais elles ont toutes beaucoup perdu en qualité. Et ensuite, c'est le grand vide jusqu'à l'Arc. Bref, c'est devenu du grand n'importe quoi et c'est toute la distance classique en Europe qui a été flinguée.

Il n'y a plus que deux courses intergénérationnelles sur 2 400 m : les King George et l'Arc. Or ce sont ces courses intergénérationnelles qui font le sel de ce sport.
Sur le mile, il y en a quatre (Sussex stakes, Jacques-le-Marois, Moulin de Longchamp et QE II).
Sur la distance intermédiaire, il y en a également quatre (Eclipse stakes, Juddmonte International, Irish Champion stakes et Champion stakes anglais).
Sur la distance reine, il n'y en a plus que deux...
Il ne faut pas s'étonner que les cracks de cette distance partent au haras à la fin de leur année de 3 ans !

Je sais que c'est quelque chose qui exaspère nos amis trottistes et il y a eu des débats homériques sur l'ancien forum à ce propos. On entend souvent dire que c'est une histoire de gros sous. Que nenni :nonnon:
Frankel est resté à l'entraînement à 4 ans, faisant perdre à son propriétaire des millions d'euros d'une année de monte. Plus généralement, les champions milers ou de distance intermédiaire restent très souvent à l'entraînement à 4 ans et plus. La raison en est très simple et n'a rien à voir avec le business de la reproduction : le programme est intéressant, dynamique, varié, avec plusieurs courses intergénérationnelles passionnantes.

Mais pourquoi diable un crack de la distance classique resterait à l'entraînement ? Pour tourner en rond dans des courses de vieux tontons et participer seulement à deux courses intergénérationnelles ? Certains propriétaires relèvent le gant, uniquement en vue de l'Arc (Trêve, Enable) mais pour beaucoup, ça ne vaut tout simplement pas le coup. Leur justification est la même : '"mon cheval n'a plus rien à prouver". Ce qui signifie en réalité : "le programme des 4 ans est à chier".

Ca a toujours été un problème avec la distance classique : c'est la distance reine en Europe, avec les courses les plus importantes, les plus prestigieuses du continent. Mais ces courses se comptent sur les doigts d'une main ! A 3 ans, avec les classiques printaniers, ça ne pose pas de problème et les cracks peuvent faire une année de toute beauté. Mais à 4 ans...:ohmy:

J'ai pu voir a 2 reprises Frankel courir, sans aucun jugement de ma part, étant loin d etre une experte, le qualificatif fut néanmoins : " hallucinant"

Je veux bien vous croire. Loin de moi l'idée de minimiser Frankel qui était un véritable monstre.
Par contre, j'ai effectivement beaucoup de mal avec les "c'est le meilleur cheval de l'histoire" en se basant sur le système des ratings, dont tout le monde connaît l'absurdité, et sans prendre en compte le fait qu'il évoluait dans la seconde division du turf (le mile).

Enfin, vous qui connaissez bien cette discipline, lorsque j'en parle à des " experts", le nom qui revient sans arrêt, et dont ces gens parlent avec des trèmolos dans la voix est celui de Miesque....merci de nous raconter, si vous le voulez bien, son histoire...

Aïe, j'étais trop jeune à l'époque et je ne l'ai jamais vue courir en direct. Ce que je pourrais vous en dire n'est que ce que j'en ai lu/vu par la suite... Je pense que notre ami Sea Bird, lui, pourrait nous apporter son éclairage, bien plus intéressant que le mien.
Merci pour ce message de la part de : isa_, commandertilly
03 Sep 2020 20:05 #18

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Réponse de commandertilly sur le sujet Petite précision sur les distances

"Je veux bien vous croire. Loin de moi l'idée de minimiser Frankel qui était un véritable monstre.
Par contre, j'ai effectivement beaucoup de mal avec les "c'est le meilleur cheval de l'histoire" en se basant sur le système des ratings, dont tout le monde connaît l'absurdité, et sans prendre en compte le fait qu'il évoluait dans la seconde division du turf (le mile)."

"Le meilleur cheval etc etc" je vous rassure : au trot c'est idem....tout ce que l'on peut dire c 'est que un tel, en l'occurence Frankel , a dominé un moment donné, dans sa catégorie et sur sa distance...l'impression visuelle était juste extraordinaire, mais il en va de même, probablement, avec tout ces chevaux "fuoriclasse"...

Mais " le meilleur", je pense que le nombre de paramètres pour tenter d'évaluer cela, est innombrable : et tout d'abord la qualité de l'opposition...je donne un exemple qui semble à priori un peu bébéte, mais Enable s'il avait couru contre Ribot ou Tantième, qui sont considèrès par leur contemporains comme des must absolus, aurait il eu ce palmarès ?...

Tout cela est totalement subjectif de toute façon, et dés qu'un crack domine outrageusement, au galop comme au trot, la question qui ne manque pas d'arriver presque instinctivement : " oui, il est très fort, mais l'opposition n'est pas terrible".....avec ou sans raison, il est impossible, pour moi en tous cas, de comparer les époques....

Pour ce qui est de Miesque, dommage, oui j'attendrai comme vous le dites, les précisions de Sea Bird, pour me parler de celle qui reste au panthéon des chevaux Américains, aux cotés de Man o' War, Secretariat, Tiznow ou War Admiral...et pardon pour ceux que j'oublies...

Enfin, ce que vous ne dites pas, sur la réforme du J.Club, et ses ratés et "pénibles" conséquences", c'est le pourquoi de cette réforme...est ce seulement de l'incompétence?

Merci
Merci pour ce message de la part de : isa_
03 Sep 2020 20:49 #19

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Réponse de moncourt sur le sujet Petite précision sur les distances

J'ai vu courir Miseque et me rappelle sa défaite dans le Diane archi dominée par la grise Indian Skimmer et sincèrement je n'ai jamais été subjugué par cette grande matronne. Respect total pour son palmarés mais...
Cette Indian Skimmer a remporté tout de méme les
Pretty Polly Stakes (GB) (1987)
Musidora Stakes (1987)
Prix Saint-Alary (1987)
Prix de Diane (1987)
Sun Chariot Stakes (1988)
Champion Stakes (1988)
Irish Champion Stakes (1988)
Prix d'Ispahan (1989)
Gordon Richards Stakes (1989)
D'ailleurs mais peut étre est-ce le coeur qui parle (nous n'y pouvons rien il me semble) mais j'ai plus de grand souvenir, de plus beau flash de classe en pensant à Blushing Groom , à Arazi (celui là c'était quelque chose) et sur la distance classique je reste un admirateur fou de Dancing brave (quel champion et regardez tous les grands vainqueurs de G1 qu'il a pulvérisé) et de Peintre Célébre.
04 Sep 2020 09:17 #20

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