Il est des après-midi d'été qui promettent tout et ne tiennent, parfois, presque rien. Ce samedi, neuf chevaux s'aligneront à Ascot pour les King George VI and Queen Elizabeth Stakes, ce Groupe 1 où l'on vient chercher la gloire et, quelquefois, la reprendre.
Calandagan porte encore la couronne de l'an dernier. Le mieux noté d'Europe, favori, vainqueur ici sous la selle de Barzalona. On l'aimait sans réserve ; on l'aime désormais avec une inquiétude. Il y eut un échec récent, puis ce retour rassurant à Saint-Cloud. La fragilité, chez lui, est devenue une hypothèse que l'on n'écarte plus.
Face à lui, la jeunesse insolente de Benvenuto Cellini, trois ans, lauréat du Derby d'Irlande et dont l'entourage ne cache pas l'ambition. Trop sûr de son affaire, peut-être. Je le laisse passer.
Les autres — le Japonais Masquerade Ball, Goliath — préfèrent l'embuscade : attendre, surgir tard. C'est élégant. C'est aussi laisser à d'autres le soin de prendre les devants.
Or les juments, elles, aiment mener leur course. Minnie Hauk en serait, si elle court ; on hésite encore à son sujet. Reste Kalpana. Une jument plus forte, plus assurée qu'il y a un an, quand une longueur seulement la séparait de Calandagan. Son Hardwicke fut de ces courses que l'on n'oublie pas.
Dans une épreuve qui sent la tactique, elle peut prendre les devants et ne plus les rendre. C'est vers elle, sans bruit, que va ma préférence.