en clair ...
triste état des lieux ....magnifique article ....merci !!
Fabrice Rougier
Hier, à 18:25 ·
" Chers lecteurs du Mistral Gagnant, chers amis,
Après cinq ans d’existence, je suis au regret de vous annoncer que Le Mistral Gagnant va s’arrêter. Si la volonté et la passion restent intactes, la situation financière du site ne permet plus de prolonger tous ces bons moments passés à vos côtés.
Les Sociétés mères du Trot et du Galop n’ont pas souhaité participer à cette aventure, je le déplore, mais qu’importe ma rancœur, il serait maladroit, dans la crise que nous vivons tous à notre échelle, d’ajouter de l’huile sur le feu. A l’heure où l’image des courses s’écorne un peu plus chaque jour, nous allons donc dans quelques jours vous dire officiellement au revoir tout en conservant en nous cette force morale inestimable de ne pas être responsables, pour ne pas dire coupables, de ce naufrage à grande échelle. Je reste persuadé qu’une vitrine internet ouverte sur le Quart Sud-est était l’outil le plus fédérateur. Un vrai moteur pour dynamiser un territoire dépourvu – ou presque – de tout journaliste avant notre arrivée sur la toile. En ce sens, les choses ont bougé. Et j’en conserverai beaucoup de fierté, certainement pour panser les cicatrices d’un travail qui reste néanmoins inachevé. Faute d’investisseurs, celui qui était devenu l’organe des courses hippiques dans le Quart Sud-est va donc éteindre la lumière. Comme beaucoup d’autres l’ont fait avant lui…
Si je pourrais assimiler cette mort à un échec personnel, il faut relativiser, savoir conserver les pieds sur terre et se dire que l’argent n’est qu’un accélérateur de succès. L’amitié, elle, ne s’achète pas. Elle se concrétise dans les moments difficiles, elle prend forme dans les disputes et les débats sans fins, bref elle se nourrit du temps pour devenir indéfectible. Dans ce Monde où chacun veut tirer sur lui la couverture du profit, je continue à croire, après bien des déceptions professionnelles, que la société n’a de fondements que si elle génère de la valeur humaine, de l’entraide et du respect. C’est à ce titre que je voudrais témoigner toute mon affection à mes collègues de travail. A Jean-Michel Tempier, d’abord, avec qui il a suffi d’une réunion à Nîmes pour tomber d’accord sur ce projet de presse hippique. On a bien eu raison de ne pas compter les heures passées ensemble au téléphone ou sur les hippodromes. Jean-Mi a toujours été en première ligne, porteur d’un message réconfortant, toujours gorgé de bon sens, dans mes moments d’incertitudes et de pessimisme. Mais aussi à Jean-Paul Conterno qui nous avait rejoints assez tôt dans notre parcours pour porter sur ses seules épaules l’activité dans le Centre-est. Et quand on connaît la production hippique autour de Lyon, les kilomètres défilaient et la croisière ne s’amusait pas tous les jours. Par solidarité pour celui qu’il a toujours considéré, au même titre que nous, comme son « bébé », il a dorloté le Mistral Gagnant jusqu’au bout. Sans rechigner durant près de 4 ans. Des professionnels comme eux, nous n’en trouvons pas dans chaque chapelle et je voulais leur dire une dernière fois combien j’ai apprécié oeuvrer à leurs côtés. Voilà ce qu’était le noyau dur du Mistral Gagnant… C’est très peu, mais c’est quand même près de 4 000 articles produits en un peu plus de 4 ans Je n’oublie certainement pas ceux qui, au début de cette épopée, avaient apporté leur contribution journalistique, dans la conception ou la réflexion. Je pense notamment à Béatrice qui a été un point d’ancrage essentiel dans le Centre-est et qui est restée l’une de nos plus fidèles lectrices et collaboratrices. Merci, merci, merci ! Sans eux, le « Mistral Gagnant » n’aurait jamais soufflé sur nos territoires, notre belle province.
Mais pour réussir ce pari un peu dingue, il fallait aussi et surtout l’assentiment des professionnels. Et il fut immédiat. Ils ont été très nombreux à contribuer durant toutes ces années à notre site. Je pense bien évidemment à nos consultants successifs pour vos quartés régionaux à savoir Martial Gauvin, Imad Benakmoume, Bertrand Ruet et Nicolas Julien pour le trot, mais aussi Thierry Larrivière, Patrice Chatelain, Stéphane Richardot et Bertrand Flandrin pour le galop. Et que dire de nos cinq professionnels qui, chaque semaine, écrivaient leur chronique dans le cadre du Coin Pro comme Yannick-Alain Briand et Mickaël Cormy, pour le trot, mais aussi Patrick Khozian, Jean-Pierre Gauvin et Christian Scandella pour le galop. A une trentaine de reprises depuis plus de deux ans, chacun nous a fait vivre dans une grande proximité son quotidien, ses attentes, ses soucis sans tabou. J’ai passé avec eux de forts moments d’intimité et je les remercie pour cette collaboration qu’ils n’ont jamais oubliée ni refusée. A part avec deux ou trois hurluberlus (on le saurait si le Monde était parfait), j’ai toujours été accueilli dans nos écuries comme dans une famille. Je voudrais à ce propos exprimer mon affection aux professionnels qui m’ont invité chez eux ou dans leurs établissements avec à chaque fois les portes grandes ouvertes. Ces choses-là ne s’oublieront jamais pas plus que ces nombreux appels, ces messages que nous partagions pour écrire notre histoire hippique. Je pense en particulier, sans être exhaustif, à Romuald Mourice et Emeline, Kévin Thonnerieux et Marion, Régis Le Vexier, Steve Stefano, Loris Garcia, Guillaume Millet, Rémi Fradet,… et beaucoup d’autres ainsi que de très nombreux jeunes professionnels ou apprentis… Si j’ai gardé le cap si longtemps c’est également grâce à eux, à ces petits plaisirs, pour ne pas dire ces sentiments très forts qui ont pu naître, naturellement.
Enfin, je voudrais avoir une pensée pour tous ceux qui ont essayé de nous aider, selon leurs possibilités. Je pense à Joëlle Conti, présidente de la Fédération du Sud-est, Patrice Camacho, président des hippodromes de Marseille, mais également à de très nombreux présidents d’hippodromes de province (à l’exception de Cagnes-sur-Mer), qui ont tout mis en œuvre pour organiser un Prix Le Mistral Gagnant, nous soutenir et nous recevoir comme des pachas à chaque réunion. A Jean-Philippe Thomas également, mon speaker préféré, qui a laissé bien des cordes vocales à l’animation des hippodromes pour promouvoir notre site… sans omettre bien entendu tous les annonceurs qui nous ont fait confiance.
Le moment est venu de dire adieu – ou en restant optimiste peut-être à bientôt - à une profession pour qui je conserverai beaucoup d’attachement et un profond respect. Pour son travail acharné, ses difficultés, ses charges, sans jamais baisser les bras, sans laisser apparaître une faille même dans les moments les plus douloureux. Je vais personnellement désormais me recentrer sur mes proches que j’ai un peu abandonnés ces dernières années, prendre quelques semaines de repos – bien besoin – et découvrir le chemin de Pôle Emploi pour des rendez-vous très spéciaux avec des secrétaires toujours souriantes..
Ainsi vont les courses.
Ainsi va la vie. "
Fabrice Rougier, responsable de la rédaction
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