JEUX : L'AUTORITÉ NATIONALE DES JEUX DÉCLARE LA GUERRE A TOUS LES GROS JOUEURS
L'Autorité Nationale des Jeux (ANJ) a décidé de déclarer la guerre à tous les gros joueurs. D'après elle, il y aurait dans le seul secteur du jeu en ligne, 600 000 "joueurs excessifs", dont 300 000 "manifestement excessifs" qu'il faut identifier et réfréner, en attendant de s'attaquer aux joueurs des points de vente, dont il faudrait désormais accélérer la mise en place de l'identification systématique.
On se rappelle que sur les ondes de Radio Balances la présidente de l'ANJ avait déclaré à Dominique Cordier que son objectif était effectivement d'"empêcher les gens de jouer". Cette déclaration de guerre présente le double défaut d'être à la fois hypocrite et infantilisante. Hypocrite parce que l'ANJ, qui veut empêcher les joueurs de jouer, est un organisme d'État, alors que dans le même temps l'État ne cesse de pousser les Français à jouer en cautionnant la multiplication incessante des jeux via le PMU ou la FDJ et en s'apprêtant à légaliser les casinos en ligne après avoir mis en place les paris sportifs il y a quelques années. Infantilisante, car s'il y a bien sûr des joueurs excessifs à surveiller, affirmer que rien que dans le secteur des jeux en ligne il y aurait des centaines de milliers de joueurs "excessifs", cela revient à dire, en ajoutant les joueurs des points de vente, qui sont encore plus nombreux, qu'il y aurait plus d'un million de joueurs pathologiques en France...
Au lieu de s'attaquer aux gros joueurs, qui contribuent beaucoup à faire vivre toute la filière hippique, les autorités de tutelle feraient mieux de s'attaquer aux avantages scandaleux qui, en violation complète du pari mutuel, sont accordés à une poignée de joueurs milliardaires, les Grands Parieurs Internationaux (GPI), qui parient depuis l'étranger en toute illégalité dans le cadre du réseau des points de vente alors que leurs paris sont effectués en ligne, ce que la Cour des Comptes a dénoncé, entre autres, dans son Rapport de 2023. Mais le PMU a vendu son âme aux GPI pour gonfler artificiellement la masse des enjeux, et les sociétés-mères laissent faire par peur d'une diminution temporaire des enjeux si l'on se sépare des GPI. C'est du coup toute la filière hippique qui est désormais en récession, les joueurs ne cessant de diminuer leurs mises du fait des rapports devenus dérisoires. Et la déclaration de guerre de l'ANJ, hypocrite et infantilisante, ne peut qu'accélérer la récession.
Source : communiqué de l'ANJ du 13 mai.